Bérényce ouvrit un œil et vit que Nowait était en train de fouiller dans ses affaires.
_ Hey ! S'écria-t-elle.
_ Tiens, tu es réveillée.
_ Tu es au courant que tu fouilles dans MON armoire, pas vrai ?
_ Oui, merci, je m'habille pas comme ça !
Bérényce se mit entre l'armoire et sa colocataire.
_ Arrêtes !
_ Je suis occupée là, on jouera après.
_ Je ne veux pas que tu fouilles dans mes affaires !
_ Pourquoi ? Tu caches quelque chose ? Une arme ? Un flingue peut-être ! Non ! Un couteaux recouvert de sang... celui de qui ? Tu as tué quelqu'un ou c'est dans tes projet ? Ah ! Je sais ! Tu veux assassiner la pionne qui nous fait chier tous les matins ! Tu vas l'attendre derrière la porte, et juste quand elle va ouvrir... Pan ! Tu lui tranches la gorge !
Nowait s'arrêta un moment, pensive, puis reprit ses recherches.
_ Tu me préviendras du jour, j'aimerais voir ça !
_ Je ne suis pas violente, comme toi !
_ Alors tu caches quoi ? Des strings ! Oui, j'en suis sûre ! Tu caches des strings ! Noirs à dentelle, ou rouges... avec des super soutifs assortis ! Et des portes-jarretelle aussi ! Et des bas résilles noirs !
Elle regarda Bérényce de haut en bas.
_ Waaah... ça t'irait trop bien... Je t'en achèterai ! Surtout noirs, ça va super bien avec tes cheveux roux !
Bérényce ne pu s'empêcher de regarder son pyjama. Il était large, extrêmement simple, et blanc... Mais il était correct, au moins !
_ Bon, puis-je enfin savoir pourquoi tu t'acharnes sur mes affaires ?!
_ Je te cherche une tenue pour ce soir.
_ Une tenue pour... ce soir ?
Nowait hocha la tête.
_ Je compte inviter tout le monde, donc il faut que tu sois la plus belle !
_ Mais... il y a quoi ce soir ?
_ On sort !
_ Comment ça ? On sort où ?
_ En boite, ma belle !
_ Mais... c'est interdit !
Nowait fit semblant de ne pas entendre.
_ Je ne sortirai pas illégalement ! S'indigna Bérényce.
_ Illégalement ! Tout de suite les grands mots ! J'appelle ça « Discrètement », moi. En plus, si tu restes, tu seras la seule de nous toutes, et donc, c'est sur toi que les pions vont se jeter pour savoir où on est toutes parties. Mais quand tu leur diras que tu n'en sais rien, ils ne vont pas te croire, et tu seras punie.
_ Vous aussi, de toute façon !
_ Ok, mais en sortant toutes, même toi, personne n'est punit.
_ De toute façon, tu prévois ça toute seule, les filles ne voudront pas te suivre !
_ Ah oui ?
_ C'est certain !
_ C'est ce que tu crois !
_ Parce que tu crois vraiment que Mia, Manon et Sioban vont venir ? Loona, à la rigueur. Mais les autres, tu n'as aucune chance !
Nowait lui fit un clin d'œil.
_ On parie ?
_ Je ne pari pas.
_ Tu as raison, ce serait du suicide !
Mia était allée au self pour déjeuner, et avait rencontré Manon en sortant de sa chambre. Celle-ci avait tout de suite remarqué que Mia ne paraissait pas "dans son assiette ". D'ailleurs, elle ne mangea rien.
_ Tu vas me dire ce qui te tracasse? Finit-elle par demander.
_ J'aimerais déjà le savoir moi même.
_ Tu as bien une petite idée, une impression ?
_ Non. Enfin...
Manon l'encouragea à poursuivre du regard.
_ Sioban, murmura Mia.
_ Et bien ?
_ C'est tout ce que je sais.
_ Ok... D'ailleurs, elle ne mange pas ce matin ?
_ Elle était dans la salle de bain quand je me suis réveillée, et elle y était encore quand je suis partie. J'ai attendu un peu pour la voir, mais elle ne paraissait pas décidée à sortir.
_ Elle se douchait, elle a du oublier le temps et voilà, rien de grave.
_ Non.
_ Pourquoi ?
_ J'y ai pensé, sauf que l'eau ne coulait pas.
_ ... Elle se préparait peut-être. Elle s'habillait, se coiffait...
_ Non plus. Pas de froissement de tissus, rien. Aucun bruit. Silence complet.
_ Mais comment tu sais qu'elle était là, alors ?
_ Je l'ai entendu respirer.
_ Oh...
_ Et Loona, elle n'est pas levée ?
_ Non. J'ai faillis la réveillée, parce qu'elle s'était rendormit après le passage de la surveillante, et puis... elle se débrouillera.
Loona se réveilla brusquement. Un bruit sourd venait de résonner derrière le mur contre lequel elle dormait.
Elle se redressa. C'était la salle de bain de Mia et Sioban. Elle écouta attentivement, mais il n'y avait plus le moindre bruit. Bon... C'était sûrement juste quelque chose qui était tombé. Visiblement, leur chambre était déserte, de toute façon.
Elle se leva, se prépara, ouvrit la fenêtre, et s'assit sur le rebord. Il faisait frais, mais la chaleur de la chambre l'empêchait d'avoir froid. Le ciel était encore sombre, mais le soleil commençait à éclairer un peu la Terre.
Peut-être qu'il éclairerait aussi ses idées...
Quelqu'un frappa à la porte, et entra aussitôt après.
_ Grosse dormeuse ! S'écria Nowait en se jetant sur elle. Ferme la fenêtre, on se caille !
Loona descendit de son perchoir, et croisa les bras.
_ C'est pour quoi ?
_ On sort en boite, ce soir !
_ Ok. Il y aura qui ?
_ Tout le monde !
Loona rit.
_ Tu comptes t'y prendre comment ?
_ Avec mon charme naturel, tiens !
_ Et tu crois que ton charme naturel marche sur n'importe qui ? Même Bérényce ?
_ T'inquiètes ! Elle vient !
Loona fit des yeux ronds.
_ Et ben ! Tu m'impressionnes, là !
_ Je suis impressionnante !
Nowait fit une révérence, puis partit.
_ À tout à l'heure !
Elle ferma la porte derrière elle, et repartit avec toute la joie et l'excitation qu'elle avait amené avec elle.
Loona s'assit sur son lit.
Elle n'avait pas envie de rejoindre les autres. Pas envie de voir Manon. Pas envie de voir encore une fois dans ses yeux à quel point elle l'avait blessée et déçue.
Le soir au self, Nowait rejoignit Manon et Mia, amenant avec elle Bérényce.
_ Les filles ! Ce soir on sort toutes !
Mia se tourna vers Bérényce pour voir sa réaction. « Toutes » avait dit Nowait. C'était possible ? Même Bérényce ?
_ Moi je veux bien, dit Manon.
_ Euh...
Mia se détourna.
_ Je ne sais pas...
_ Aller, viens ! On sera toutes là, tu ne risques rien ! Insista Nowait.
_ ... Ok.
_ Cool ! Tu en parleras à Sioban, s'il-te-plaît ?
_ D'accord.
Sioban, sortir avec un groupe de filles comme ça, avec qui elle n'avait même pas d'affinités particulières... ?
_ Ah, salut.
Mia se glissa dans sa chambre. Comment entamer le sujet ?
_ Euh... Ce soir, on sort toutes, à ce qu'il parait... Tu viens avec nous ?
_ Vous allez où ?
_ J'en sais rien. C'est Nowait qui organise.
_ ... Je vais venir.
_ C'est vrai ? Cool !
Alors ça, si ce n'était pas une surprise !
Après de longues minutes de silence, Mia décida d'aller rejoindre Manon dans sa chambre.
Loona était partit téléphoner à l'autre bout du bâtiment, donc il n'y avait plus que Manon et elle.
_ On va faire quoi ce soir, d'après toi ?
Manon réfléchit.
_ On va aller en boîte.
_ En boîte ?! Mais je ne suis jamais allée en boîte ! Je ne sais pas comment m'habiller !
_ Je vais t'aider.
Elles allèrent toutes les deux fouiller dans les affaires de l'une puis de l'autre, et finirent par dénicher la tenue parfaite : un petit top dos nu noir, appartenant à Manon, et une jupe serrée blanche, longue jusqu'en haut des genoux, de Mia.
_ Voilà ! S'exclama Manon. Tu es très belle comme ça !
_ Merci, murmura Mia.
Manon la prit dans ses bras, et elle n'osa plus bouger. Son étreinte fut d'abord joyeuse, puis elle devint doucement calme, profonde, et sérieuse.
_ Tu comptes vraiment beaucoup pour moi, tu sais ? Chuchota Manon dans son cou.
_ Toi aussi. Tu es vraiment importante pour moi.
Manon lui prit la main et lui sourit.
_ Je ne sais rien de ma vie. J'ignore ce qui va se produire, je ne comprend pas ce qui s'est passé, mais je sais que je t'aime, et à quel point. Je sais que ça durera toute ma vie, au moins. Tu es la seule choses de sûre dans ma vie. La seule chose qui ai de l'importance à mes yeux.
Mia s'essuya la joue.
_ Si tu pars, je n'existe plus. Je ne préfère pas donner de mot à ce qui nous relit, car l'important c'est que ça ait un sens, et enfermer ce sentiment dans un simple mot serait en réduire l'importance. C'est tellement fort que mes pensées ne sont centrées que sur ça. Avant toi, je ne devais pas exister, car maintenant, pour la première fois, je me sens vivre. Tu dois être une partie de moi...
_ Et toi, ma deuxième moitié.
_ Je ne suis pas née entière, et voilà qu'aujourd'hui, je découvre ce que ça fait d'être heureux.
Manon pencha la tête sur le côté, et sourit.
_ Tu n'es pas née entière ?
_ Non. Je suis la jumelle dominée.
_ La jumelle... ?!
Mia hocha la tête et s'assit.
_ J'aurais dû avoir une jumelle, mais elle n'est jamais née. Moi si. Mais je suis la moins forte des deux. Je suis la plus faible. Elle me manque. Mais j'ai l'impression que c'est toi, parfois. En plus gentille. Juste son bon côté, en fait. Son bon côté, plus d'autres choses positives qu'elle n'aurait pas pu m'apporter.
_ Alors je suis un peu comme une sœur, pour toi ?
_ Non... Tu es plus que ça. Tu es un peu moi, et tout ce dont j'ai besoin.
Les filles se rejoignirent toutes devant le bâtiment des chambres, à la tombée de la nuit.
_ Allons-y ! s'écria Nowait.
_ CHUUT !! fit Bérényce. Tu veux qu'ils nous repèrent ?!
_ Détends ton string ! Ils dorment tous !
Loona, Manon, et Mia s'empêchèrent de rire.
Elles partirent toutes sur leur talons, et dans leurs tenues étincelantes, sauf Sioban qui avait mit une chemise blanche et une cravate mal attachée, avec un jean déchiré.
Mia trouvait qu'elle était magnifique comme ça, et se sentis bien superficielle, à côté.
Cette allure « garçon-manqué » lui allait si bien...Elle était mignonne, mystérieuse, et un peu intimidante.
_ Dis, tu aurais pu mettre une robe, quand même ! Lui fit remarquer Nowait.
_ Non, j'aurais pas pu, marmonna Sioban en enfonçant ses mains dans ses poches.
Sa voix était si douce, tellement belle ! Mia savourait chaque mots prononcés par Sioban. Elle ne parlait vraiment pas fort, et si rarement...
Arrivées en boîte, les filles se séparèrent. Mia resta près de Manon, tandis que Nowait entraînait Bérényce de force sur la piste de danse, faisant semblant de ne pas comprendre son refus, en prenant comme excuse le brouhaha ambiant, suivit de près pas Loona qui venait danser juste sous les yeux ébahis de Manon.
Mia parla à l'oreille de son amie :
_ Tu crois qu'elle le fait exprès ?
Manon fit signe de ne pas savoir, et répondit :
_ En tout cas, j'aime bien !
_ C'est vrai qu'elle est belle !
Manon ne répondit rien, et se contenta de dévorer des yeux Loona qui se déhanchait doucement sous ses yeux. Elle renversait sa tête en arrière, et passait sa main sur sa poitrine, puis sur son ventre... Elle lui sourit, et l'attira à elle.
Mia, se sentant de trop, chercha Sioban des yeux, et la vit en train de sortir avec un garçon d'au moins vingt ans par la porte de derrière. Sioban ! Mais qu'est-ce qu'elle faisait ?! Elle ne pouvait pas la suivre, non plus. Sioban avait malheureusement le droit de faire ce qu'elle voulait... Après tout, peut-être qu'elle connaissait ce garçon. C'était peut-être un ami de longue date, ou même un cousin, qui sait ? Ça devait être un garçon raisonnable. Pas dangereux. Sioban saurait se défendre de toute façon. Malgré sa petite taille, à côté de ce garçon. Ce n'était pas le genre de fille qui se laissait faire...
Bérényce, accolée au bar, suivant de près la seule personne qu'elle se permettait de suivre ainsi, bien que ce ne fut sûrement pas la bonne chose à faire... observait tout ce qu'il se passait dans cet endroit étrange dans lequel elle n'imaginait pas entrer un jour. Elle voyait Mia qui avait l'air inquiète, voir même très inquiète, regarder vers la sortie du fond, Manon et Loona qui paraissaient très occupées, et Nowait.
_ Tu es sûre que tu ne veux pas goûter ? Cria celle-ci.
_ Non ! Pas de boissons alcoolisées !
_ Tu veux du lait, peut-être ?!
Un garçon se glissa entre elle et Nowait.
Il semblait... draguer Nowait ! Mais celle-ci le repoussa en riant. Il fit tomber quelque chose dans son verre.
_ Nowait... tenta-t-elle de la prévenir.
Mais elle fut coupée par le garçon.
_ C'est bon, madame la ministre, elle est au courant, ta pote !
Bérényce, vexée, s'en alla dehors. Ce n'était vraiment pas son univers...
Nowait, ne réussissant pas à se débarrasser du pot de colle, bu son verre nonchalamment, en espérant qu'à force d'être ignoré, l'inconnu partirait.
Mais au court de la nuit, il ne partit pas, et au fur et à mesure, la musique devint un bruit de fond, les paroles des gens devinrent sourdes, et eux, flous. Un doux brouillard l'entoura. Soudain, elle se sentit en pleine forme. Le garçon la prit par la taille, et la serra contre lui. Elle tenta de le repousser, mais ses mains ne lui obéissaient plus. Il lui toucha les fesses. Elle s'entendit rire. N'importe quoi ! Voilà qu'un garçon voulait d'elle ! Ce n'était pas la première fois, mais à chaque fois, ça la faisait rire. Enfin, rire... ça l'embarrassait plus qu'autre chose ! Il mit sa tête dans son cou, et sa vision se troubla. Elle était tellement fatiguée ! Se débattre avait dû lui retirer toutes ses forces.
Elle sentit son esprit la quitter, petit à petit.
Un garçon, je plais à un garçon ! Il ne manquait plus que ça !
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